En club comme en sélection, vous avez vécu une saison dernière particulièrement accomplie. Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour celle à venir ?
(Hésitant) J’ai montré un peu ce que je valais. Je veux montrer encore plus pour celle qui vient. J’ai un jeu particulier : je ne suis pas un talonneur pure souche on va dire (sourire). J’ai des qualités que je dois perfectionner, mais aussi des points faibles à travailler.
C’est-à-dire ?
Mon plus gros point faible, c’est mon point fort aussi. C’est d’oser tenter l’impossible. Des fois ça passe, des fois non. Par exemple quand ça passe sur une action, j’ai envie de réaliser encore un truc plus dur sur la suivante.
(Hésitant) J’ai montré un peu ce que je valais. Je veux montrer encore plus pour celle qui vient. J’ai un jeu particulier : je ne suis pas un talonneur pure souche on va dire (sourire). J’ai des qualités que je dois perfectionner, mais aussi des points faibles à travailler.
C’est-à-dire ?
Mon plus gros point faible, c’est mon point fort aussi. C’est d’oser tenter l’impossible. Des fois ça passe, des fois non. Par exemple quand ça passe sur une action, j’ai envie de réaliser encore un truc plus dur sur la suivante.
Votre manager Ugo Mola disait à l’issue du barrage face à La Rochelle que vous saviez tout faire « en dépit d’une certaine nonchalance ». Est-ce quelque chose que vous travaillez ?
Je comprends qu’il dise ça parce que… (il cherche ses mots) Je suis un peu à part des autres talonneurs. Je tente des trucs qu’on ne voit pas forcément chez d’autres joueurs, je montre une certaine facilité. ça peut passer pour une forme de nonchalance, mais c’est juste que j’aime tenter des choses.
D’où cela vous vient-il ?
Je ne sais pas du tout. Je jouais trois-quarts avant, je suis passé troisième ligne ensuite. J’aime bien tourner à ce poste et ne pas rester toujours talonneur, un poste auquel beaucoup de gens me répètent qu’il faut d’abord faire les trucs de base : la mêlée, la touche, les rucks, le combat. Mais bon… Je préfère faire gagner un match plutôt que de gratter un ballon (sourire).
Quand vous étiez jeune, quels étaient vos modèles ?
Je jouais au volley-ball avant. J’ai commencé le rugby en regardant la Coupe du monde 2011. Mon père était fan des All Blacks et c’est l’édition lors de laquelle Sonny Bill Williams venait d’arriver. Jouant au volley, on tâtait un peu le ballon avec les mains avec mon frère. C’est en le voyant faire qu’on s’est mis à tenter des choses nous aussi. Je pense que c’est parti de là. On faisait des chisteras, des choses comme ça. Mais ce que je préfère faire, ce sont des passes à l’aveugle.
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Combinaison parfaite entre nos 2 tricolores Peato Mauvaka et @Dupont9A 🔥@StadeToulousain pic.twitter.com/kdzokKyPwQ
À l’image de celle que vous avez réalisée face à La Rochelle en barrage ?
Voilà. Ces passes sans regarder, c’est le plus beau geste de rugby.
Vous le travaillez ?
Pas spécialement, mais à l’entraînement, on le fait souvent avec Rodrigue (Neti). À force de les faire, on apprend à se connaître. Par exemple, lorsque je me trouve à côté de « Rod », je m’attends à ce qu’il me fasse la passe alors que ce ne serait pas le cas avec un autre. C’est une mécanique. Quand tu perces avec le ballon, tu sais de la même manière qu’il y a toujours Antoine (Dupont) derrière toi. Tu ne regardes pas, tu entends juste gauche ou droite.
Êtes-vous habité par l’idée de vous refréner dans vos initiatives ?
Oui ! Je me dis que je dois d’abord réaliser les trucs de base. Et une fois que je suis en confiance, je peux ensuite tenter. Ugo (Mola) me dit aussi de ne pas tenter l’impossible. Mais quand ça passe, c’est beau à voir (sourire) ! J’essaie de faire attention, mais quand je vois des espaces, j’ai envie d’y aller…
Ce que vous osez à Toulouse, l’osez-vous désormais aussi en équipe de France ?
Non. Je ne suis pas aussi libre qu’à Toulouse. Ugo a mis du temps à me comprendre. À comprendre qui je suis, à comprendre mon jeu… En équipe de France, je viens d’arriver. Au Japon, j’ai tenté des trucs. Mais on ne se connaissait pas assez, ça ne passait pas. C’est pour ça que je dois faire attention.
Avez-vous l’impression de ne pas avoir encore montré votre vrai visage en sélection ?
Ça a pu arriver quand même. Contre les All Blacks ou l’Argentine, j’ai pris confiance. Mais c’est sûr que je suis plus réservé. Tu représentes ton pays, tu peux avoir peur de faire un truc de travers. J’ai toujours un petit frein pour tenter des choses. Mais quand tu as la chance avec toi, tu peux tout faire.
L’année dernière, vous aviez fait le choix de prolonger à Toulouse alors que Julien Marchand venait de le faire également. Dans quelle mesure est-ce une force de travailler avec lui ?
Je ne sais pas… Avec Julien, on s’entend bien. Cette situation ne nous bloque pas pour l’équipe de France, avec Toulouse, on enchaîne beaucoup : on fait toujours un match sur deux, on joue le même temps. C’est bien pour l’équipe d’autant qu’on n’est pas que tous les deux. Il y a aussi Guillaume Cramont et Ian Boubila.
Avez-vous mis en place une forme de routine de travail avec Julien ?
On se met des pièces (sourire). Surtout en touche. On se chambre beaucoup. Parce que Julien aussi tente des chisteras (rire).
Votre profil explosif vous catalogue comme un parfait impact player. Trouvez-vous cela restrictif ?
Ça dépend. Il faut être dans le dur, dans le combat sur certains matchs. Tu peux faire commencer Julien dans ces cas-là, et moi, j’envoie le gaz après. Mais sur d’autres rencontres, ça joue plus au rugby, tu peux débuter avec moi.
Cette explosivité, vous la travaillez ?
Je travaille sur mon corps et mon poids. J’ai pris des habitudes de déplacement. J’ai beaucoup de choses dans ma tête. Quand je suis dans le couloir des 5 mètres, je ne joue pas pareil que lorsque je suis sur la ligne des 15 mètres. Je ne fais pas les mêmes appuis. Et avec la fatigue, il peut m’arriver de faire n’importe quoi (sourire). C’est là que les entraîneurs me disent de me calmer. J’ai le cerveau qui vrille, j’ai envie de tout tenter en même temps. C’est n’importe quoi (rire).
Identifiez-vous un déclic dans votre parcours ?
La saison dernière, contre l’Argentine. Auparavant, en équipe de France, je me disais que je devais jouer comme un talonneur. Mais si tu ne me vois faire que des touches, des mêlées et des rucks, alors tu ne me reconnais plus. Lors de ce match, quand Matthieu (Jalibert) m’a fait la passe pour me faire marquer, j’ai tout relâché. C’est là que j’ai commencé à envoyer.
La notion de plaisir a pris le pas sur la pression ?
Oui. Intérieurement, ça m’a soulagé. Dans la foulée, j’ai marqué contre la Géorgie et les All Blacks. Après ce match, j’ai changé de dimension, il faut le dire : ici à Toulouse, en équipe de France, et même au regard des gens. Avant la Nouvelle-Zélande, on ne me connaissait qu’à Toulouse. Après, c’était dans tout le rugby. Même chez moi, à Nouméa. C’est ouf. Là-bas, 90 % des gens sont fans de la Nouvelle-Zélande. Alors voir un jeune du coin gagner contre les Blacks, c’était énorme. Je ne me rendais pas compte, c’est ma mère qui ne suit pas du tout le rugby qui me l’a dit. Elle travaille dans une agence maritime : tous ses patrons d’Afrique du Sud la félicitaient. C’est là que je me suis dit que c’était énorme ce qu’on avait fait.
Les quatre essais que vous aviez inscrits lors de la dernière tournée d’automne proviennent de la même action, lorsque vous jaillissez derrière un ballon porté. Affectionnez-vous ce type de rampe de lancement ?
C’est le poste de talonneur qui veut ça. C’est juste la conclusion d’un travail collectif. Contre la Géorgie, c’était déjà dingue. Et face aux Blacks, quand on arrive aux 5 mètres à la deuxième minute, je me suis dit : « putain, si je marque, c’est énorme ». J’étais ouf d’avoir marqué donc sur le deuxième maul, j’ai tenté… Et c’est passé. Du coup, j’ai annoncé, « c’est bon, ce soir, je me massacre » (rire).

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