Cette nouvelle saison en Top 14 se fera sans le manager Yannick Bru qui quitte les bords de Nive avec deux titres de champion de France de Pro D2 en 4 ans. Grégory Patat lui succède. Seul club promu cette saison, l’Aviron visera donc le maintien dans l’élite, lui qui ne s’est jamais stabilisé en Top 14 lors de ses dernières remontées en 2016 et 2019. Outre le recrutement d’une charnière internationale (Machenaud, Lopez), le club a mis l’accent sur la folie fidjienne dans sa ligne de trois-quarts (Buliruarua et Rasaku rejoignent Maqala).
Très longtemps parmi les deux qualifiés directs, l’UBB a manqué son printemps, perdant de sa superbe sur le terrain et en laissant paraitre des tensions en interne qui n’ont pas aidé lors du sprint final. Sa place de demi-finaliste ne doit toutefois pas faire oublier que le club girondin continue de s’installer dans la hiérarchie et s’apparente comme une vraie valeur sûre du Top 14. « Le club avance, progresse, grandit mais on n’est pas encore un groupe de champions », reconnaît le manager Christophe Urios. « La dernière marche entre un changement de statut où tu es qualifié et être champion, est haute. C’est toute cette expérience qu’on doit acquérir. Pour cela, on doit retrouver l’étincelle. »
Brive n’a assuré son maintien que lors de la dernière journée en s’imposant devant un Stade Français démobilisé. Sa seule victoire à l’extérieur de la saison. C’est là toute la fragilité du CAB, peu compétitif en déplacement en raison d’un manque de profondeur de banc et qui se retrouve dans le dur dès lors qu’il trébuche à domicile. Le plus petit budget de Top 14 (18 millions d’euros) a enregistré 8 arrivées pour 13 départs durant l’intersaison. La saison dernière, les dirigeants brivistes avaient annoncé haut et fort viser la huitième place. Raté, d’où la prudence du directeur général Xavier Ric qui souhaite « assurer le maintien le plus rapidement possible ».
Les Castrais ont encore une fois créé la surprise lors du dernier exercice. D’abord en terminant en tête de la phase régulière, une première dans leur histoire. Puis en se hissant en finale, en éliminant au passage le champion en titre et rival historique, le Stade Toulousain, avant de trébucher sur la dernière marche face à Montpellier. Le staff tarnais a accueilli l’ancien demi de mêlée et tout jeune retraité Rory Kockott, qui remplace Joe Worsley en tant qu’entraîneur de la défense. Le CO, dont le groupe n’a été que très légèrement modifié, poursuit sa politique consistant à faire émerger des talents parmi les jeunes Français.
Les Clermontois n’ont pas disputé les dernières phases finales et ce n’était que la deuxième fois depuis 2007. De nombreux joueurs cadres sont partis comme Parra, Lopez et Matsushima ou ont mis un terme à leur carrière comme Fofana. L’effectif a donc été largement renouvelé. L’encadrement aussi avec la prise de fonction de Didier Retière au poste de directeur sportif et les arrivées de Jared Payne (défense) et Julien Ledevedec (touche) pour étoffer le staff de Jono Gibbes. Le président du club Jean-Michel Guillon l’a clamé haut et fort : « Nous jouerons le titre en Top 14 cette saison et on veut aussi une étoile sur le maillot d’ici trois ans. »
Montpellier a conquis le Bouclier de Brennus. Le premier de son histoire. Le manager Philippe Saint-André devra dégager de nouveaux leaders après la retraite conjuguée des anciens internationaux Ouedraogo et Guirado mais aussi les départs de Paillaugue (Toulon), Galletier (Perpignan) ou Nariashvili (retraite). Montpellier, club du controversé président Mohed Altrad, doit soigner son image véhiculée tout au long de la saison et transfigurée à travers la longue fête qui a suivi la conquête du premier titre.
L’Irlandais Ronan O’Gara avait promis de garnir l’armoire à trophées rochelaise. Il a tenu parole avec le titre de champion d’Europe. Le club à la Caravelle l’a peut-être payé derrière en Top 14 en cédant en barrage face à Toulouse. Mais son appétit reste intact au moment de repartir fort d’un recrutement XXL (Hastoy, Thomas, Seuteni, Tanga) qui devrait lui permettre de figurer une nouvelle fois sur les deux tableaux. Avec un bémol, commun à d’autres pourvoyeurs d’internationaux : la gestion des doublons du XV de France. Une seule ambition clairement affichée, le Top 14 et ce « bout de bois » qui fait rêver le président Vincent Merling.
Le manager Pierre Mignoni est retourné à Toulon après avoir installé le LOU dans l’élite avec deux demi-finales de Top 14 (2018, 2019) et une victoire en Challenge européen au printemps. Xavier Garbajosa lui a succédé. Il pourra s’appuyer sur une jeune charnière Couilloud – Berdeu. Malgré les départs de Ngatai et Barassi, les Lyonnais pourront toujours compter sur plusieurs valeurs sûres, à commencer par les internationaux français Cretin, Bamba, R. Taofifenua, mais aussi le Fidjien Tuisova ou encore le jeune trois-quarts géorgien Niniashvili, une des révélations la saison dernière. Après deux 9e places consécutives, le Lou fait de la qualification en phase finale sa priorité.
Miraculeusement maintenu en 2021, Pau avait fait sa révolution à l’été avec un nouveau staff, de nouvelles méthodes et un effectif chamboulé. Ce nouveau projet, davantage tourné vers la formation, a redonné des couleurs à la Section qui, pour la première fois depuis 2018, n’a pas tremblé pour obtenir son maintien. Le manager Sébastien Piqueronies a imprimé sa marque et développé l’attractivité du club, comme en atteste le prêt du grand espoir du Racing 92, Jordan Joseph, qui se plaît en Béarn. Une ombre au tableau cependant : le départ pour La Rochelle de son maître à jouer et buteur, Antoine Hastoy. Avec un effectif retouché mais pas radicalement transformé, cette année doit servir à consolider les fondations.
La vie sans Melwyn Jaminet à l’Usap. L’arrière et buteur international, révélé à Perpignan, a rejoint le Stade Toulousain. Le club catalan doit reconstruire sans ses fulgurances et son capital points. Les recrutements de l’expérimenté ouvreur australien Jake McIntyre et de l’espoir narbonnais Boris Goutard suffiront-ils ? Avant-dernier budget du championnat, devant Brive, Perpignan veut s’installer en Top 14 et vise un nouveau maintien sans passer par le barrage.
Après une saison compliquée, terminée en barrages en Top 14 et en demi-finale en Coupe d’Europe, le Racing 92 a décidé de réagir. Les Ciel et Blanc se sont activés sur le marché des transferts en allant chercher le « tank » des Zebre Asaeli Tuivuaka, le puissant n° 8 de Brive Kitione Kamikamica, le deuxième ligne international tongien Veikoso Poloniati, mais surtout l’international français Cameron Woki. Pour enfin se mêler à la lutte finale ? Avec les arrivées de l’arrière des Springboks Warrick Gelant ou l’ancien treiziste aux appuis de feu Regan Grace, le Racing 92 semble taillé pour, malgré les départs de nombreux joueurs (Thomas, Colombe, Beale, Tanga…).
Piteux 11e du Top 14, sorti par son voisin et meilleur ennemi le Racing 92 en Coupe d’Europe, le club parisien a frôlé l’humiliation. Les Soldats Roses, qui ont perdu de nombreux cadres (Waisea, Burban, Maestri, Gray…), ont par conséquent procédé à un recrutement ciblé, moins clinquant mais, espèrent-ils, plus efficace (Parra, Ivaldi, Ward, Peyresblanques, Habel-Kuffner, Megdoud…). Ils ont également élargi leur encadrement, en faisant venir notamment l’Anglais Paul Gustard pour s’occuper de la défense. Après une saison compliquée, le Stade Français veut regarder vers le haut.
Avec l’année Covid, Toulon n’a plus joué les phases finales de Top 14 depuis cinq ans. La saison dernière aura-t-elle servi de transition ? Après le départ de Patrice Collazo, l’arrivée de Franck Azéma a engendré une nouvelle dynamique. De dernier du Top 14, les Toulonnais ont failli accrocher une place dans les six premiers, avant d’être battus lors de la dernière journée par le Racing 92. Cette dynamique a également envoyé le RCT en finale du Challenge européen mais les Varois ont dû céder face aux Lyonnais. Malgré ce renouveau, Franck Azéma a accepté de travailler avec Pierre Mignoni, revenu en terre natale. Le duo fonctionnera-t-il ? Après le départ de Louis Carbonel, poussé vers la sortie, la relation entre la direction et les supporters reste également sous tension.
Parfois contraint de bricoler la saison dernière entre les blessures et les absences de ses internationaux, le Stade Toulousain s’est nettement renforcé derrière. Les arrivées de l’arrière du XV de France Melvyn Jaminet, du centre Pierre-Louis Barassi, de l’ailier Arthur Retière et de l’international italien Ange Capuozzo devraient aider le club à retrouver de l’allant offensif. De quoi peut-être payer un moins lourd tribut aux périodes de doublons. Après son doublé historique Coupe d’Europe-Top 14 de 2021, le Stade Toulousain, sorti en demi-finale dans les deux compétitions, a connu une saison blanche. Il veut repartir de l’avant.

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