« Ah oui ! » C’est franc et convaincu, Rémi Bourdeau préfère jouer l’après-midi. Le prime time, très peu pour lui, question d’organisation. « Quand c’est 21 heures, la journée est très [à imaginer avec plusieurs « è », NDLR] longue. J’ai parfois l’impression qu’on y perd de l’énergie, même si c’est notre métier et qu’on est bien encadré. Alors que là, tu te réveilles, tu manges un bout et tu pars quasiment au match ! » Bon, le…
« Ah oui ! » C’est franc et convaincu, Rémi Bourdeau préfère jouer l’après-midi. Le prime time, très peu pour lui, question d’organisation. « Quand c’est 21 heures, la journée est très [à imaginer avec plusieurs « è », NDLR] longue. J’ai parfois l’impression qu’on y perd de l’énergie, même si c’est notre métier et qu’on est bien encadré. Alors que là, tu te réveilles, tu manges un bout et tu pars quasiment au match ! » Bon, le match est à 15 heures, Rémi, pas à 9. Peut-être que le flanker rochelais s’accorde une grosse grasse mat’, après tout, ou que rugbymen et reste du globe n’ont pas la même notion du temps et du « manger un bout ». Personne n’a pensé à lui demander au rendez-vous presse pré-LOU, jeudi 8 septembre, deux jours avant Gerland.
C’est que si chaque détail compte, horaire comme le reste, dans le monde cadré du Top 14, ce qui compte surtout, et rend impatient, est ce premier rendez-vous stadiste à l’extérieur, à Lyon, donc. De quoi raviver des souvenirs 2021-2022 qui se comptent sur trop de doigts de la main et dont les Maritimes se passeraient bien. Que voulez-vous, on ne contrôle pas sa mémoire.
Jugez plutôt : à Perpignan (22-13, 30 octobre 2021), à Paris (25-20, 5 décembre 2021), à Castres (31-30, 3 janvier 2022), à Biarritz (27-24, 6 février 2022), chaque fois le Stade Rochelais a failli. Au choix, dilapidant une grande avance, ratant un but de pénalité « facile » après la sirène, se mettant le feu seul, se perdant sur les fondamentaux. Perdant tout court au final.
« Il y a un vécu collectif, 80 % de l’effectif était là et ils connaissent leurs faiblesses à l’extérieur, pense Quentin Lespiaucq, qui, lui, n’était pas là. La qualité de l’entraînement d’aujourd’hui (jeudi 8 septembre) est peut-être aussi une conséquence de ce vécu collectif-là de la saison passée. Il y avait beaucoup de rigueur sur la discipline et la défense, pour justement éviter les matchs au coude-à-coude perdus de peu à la fin. »
Lyon là-bas et son synthétique restent pour le coup un bon souvenir, synonyme de qualification pour les derniers barrages, même si « c’était un match bizarre que le LOU aurait dû gagner sans ses ballons tombés à la fin », revisite Ronan O’Gara, en référence notamment à l’hallucinant lâcher de Toby Arnold. Domicile, extérieur, le manager irlandais exècre la différence d’approche pouvant exister entre les deux, consciente ou non.
Romain Sazy a beau dire avant Montpellier (26-22) que « l’objectif en début de saison est d’être invaincus à domicile », « ROG » a beau lui-même donner, quelque part, du grain à moudre au distinguo (« prendre 22 points à Deflandre, c’est infernal, ce n’est pas possible »), Lespiaucq remarque que « depuis quelques années cela arrive souvent de perdre à domicile/gagner à l’extérieur. Ce que moi j’ai pu connaître au début de ma carrière, les équipes invaincues chez elles toute la saison, ça n’existe plus. »
« Je me prépare exactement de la même manière que ce soit à la maison ou pas », assure Raymond Rhule, quand Bourdeau pousse l’analyse un peu plus loin : « C’est purement français et ce serait bien que les mentalités changent. Quand on perd à l’extérieur, on a tendance à mettre la responsabilité sur le fait que le public n’était pas avec nous ; c’est évident que ça nous aide quand il l’est, comme sur les phases de conquête, mais ça ne peut pas servir d’excuse. On doit être plus froid, présent sur les bases et marquer quand l’occasion se présente. »
« On doit arrêter de penser « Deflandre », « Matmut », « Arena »… », appuie O’Gara. Ou alors ne penser qu’au Matmut Stadium Gerland. Y penser et y gagner, chez ce LOU de Garbajosa vainqueur initial à… l’extérieur, à Brive (27-31). Le CAB correspond aussi au premier succès rochelais en voyage sur l’exercice précédent. Il était arrivé tard, tard, mi-octobre à la 7e journée. Sans doute trop tard au moment de faire les comptes. Le 10 septembre semble beaucoup plus approprié.