Il fut un temps (pas si lointain) où le nom du XV de France n’était cité que par pure politesse durant les conférences de presse de la Ligue. Ce lundi, lors de la Causerie de rentrée sur la terrasse d’un hôtel à proximité de la porte de Versailles à Paris, il a été omniprésent. Parce que ses récents résultats l’ont résolument rendu « bankable » ? Oui, un Grand Chelem fait toujours son petit effet. Mais il n’y a pas que ça… Il faut s…
Il fut un temps (pas si lointain) où le nom du XV de France n’était cité que par pure politesse durant les conférences de presse de la Ligue. Ce lundi, lors de la Causerie de rentrée sur la terrasse d’un hôtel à proximité de la porte de Versailles à Paris, il a été omniprésent. Parce que ses récents résultats l’ont résolument rendu « bankable » ? Oui, un Grand Chelem fait toujours son petit effet. Mais il n’y a pas que ça… Il faut s’y faire, la Coupe du monde 2023 organisée en France trace une ligne d’horizon à laquelle même le rugby professionnel n’échappe pas.
À 375 jours du match d’ouverture entre la France et la Nouvelle-Zélande, le 8 septembre 2023, René Bouscatel a d’ailleurs dévié de lui-même sur le sujet au moment d’exprimer dans son propos liminaire les sentiments qui l’animent à la veille de la reprise du championnat.
« Plus que de l’impatience, je ressens de l’excitation, déclare le président de la LNR. Parce que nous avons vécu une année sportive exceptionnelle pour le Top 14, la Pro D2 et l’équipe de France. Alors, à un an de la Coupe du monde, on se demande ce que ça peut donner. Nous espérons l’apothéose ! […] Mais sans vouloir leur mettre la pression, ça appartient aux joueurs. »
Alignés dans son dos, les 14 joueurs représentant les clubs en lice en Top 14 ont écouté poliment. Mais puisque sept d’entre eux ont eu l’opportunité de porter le maillot des Bleus depuis le début du mandat de Fabien Galthié, ils n’ont rien appris.
« On sait que le Top 14 est déjà très chargé, alors si on rajoute la Coupe du monde en fin de saison, c’est sûr que ça le sera encore plus, souffle le demi de mêlée de l’UBB Maxime Lucu. Tout le monde a envie d’y participer. Mais il faut d’abord être performant en club pour participer à la tournée de novembre puis au Six-Nations. On verra ensuite si on fait partie du squad dans un an. Ça va charbonner. »
L’ailier international de Toulon, Gabin Villière, abonde dans un hochement de tête : « On a vu le planning il y a quelques semaines : il n’y a pas de trous entre le Top 14, la Coupe d’Europe, les échéances internationales. Ça va être chargé. »
Un doux euphémisme là encore… Puisqu’il ne s’écoulera qu’une petite semaine entre la finale du Top 14, le 17 juin prochain, et le début du stage de préparation à la Coupe du monde, le 25 juin, les internationaux retenus s’apprêtent à s’élancer pour une saison longue de plus d’un an. Une épineuse problématique clairement identifiée par les membres du staff de Fabien Galthié.
Des garçons tels qu’Antoine Dupont (2 069), Romain Ntamack (2 368) ou Grégory Alldritt (2 131) ayant allègrement dépassé le seuil d’alerte des 2 000 minutes jouées la saison passée, des discussions ont été amorcées il y a plusieurs mois à l’initiative de la FFR pour tenter de plafonner le nombre de rencontres disputées en cette année de pré-Coupe du monde.
« Trop compliqué à formaliser dans les textes », répond-on du côté de la LNR : « Les échanges sur la gestion des internationaux se feront directement entre les managers et le sélectionneur. » Heureusement, le rugby français a bel et bien changé. La plupart des principaux pourvoyeurs du XV de France, tels que Toulouse, le Racing ou Toulon, semblent être prêts à jouer le jeu.
« Ce n’est pas dans notre intérêt de casser les joueurs, a ciblé Jean Bouilhou, en charge des avants toulousains, lors du stage à Loudenvielle la semaine dernière. Ugo (Mola) sait gérer son effectif, je ne pense pas que ce soit nécessaire pour autant de légiférer. »
Loin de ces débats, les joueurs, eux, n’ont d’autres choix que de composer pour atteindre un objectif dont ils rechignent à parler pour l’heure. « Franchement, je ne pense pas du tout à la Coupe du monde, élude l’ailier international Damian Penaud, en phase de reprise après une blessure à la cheville contractée en avril dernier. Cet été, je me suis reposé pendant 5 semaines : je n’ai rien « branlé » parce que je savais que la saison va durer plus d’un an. Ça m’a fait du bien. »
Un choix qui n’arrête pas une vérité. Gabin Villière le rappelle, il n’y a pas de formule miracle au moment d’aborder une telle saison : « L’objectif n’est pas d’en garder sous le pied et de faire attention à ne pas se blesser. Parce que c’est justement comme ça que ça arrive… »

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