Le Racing, Bordeaux, La Rochelle, Toulouse, Clermont au Michelin et Perpignan. Les six victimes de l’Aviron Bayonnais ont une sacrée gueule. Une gueule de champion pour cinq d’entre elles. C’est dire le début de parcours réalisé par les Basques qui, après dix journées, comptent respectivement onze et douze longueurs d’avance sur Perpignan (13e) et Brive (14e). S’ils continuent sur cette lancée, le maintien ne sera bientôt plus un sujet.
Ça change tout. Il y a bien longtemps que l’Aviron Bayonnais n’avait pas compté sur un métronome d’une telle envergure. Quand Camille Lopez (33 ans, 28 sélections) a paraphé son contrat, certains sceptiques ont émis quelques doutes. On ne les entend plus aujourd’hui. L’ancien demi d’ouverture de Clermont éclabousse le jeu basque depuis la rentrée…
Ça change tout. Il y a bien longtemps que l’Aviron Bayonnais n’avait pas compté sur un métronome d’une telle envergure. Quand Camille Lopez (33 ans, 28 sélections) a paraphé son contrat, certains sceptiques ont émis quelques doutes. On ne les entend plus aujourd’hui. L’ancien demi d’ouverture de Clermont éclabousse le jeu basque depuis la rentrée. Nommé capitaine derrière Denis Marchois, il est un leader naturel pour tout un groupe qui le suit. « C’est un patron, détaille Gaëtan Germain, qui partage le jeu d’occupation avec lui. À peine arrivé, il s’est investi dans la vie de groupe. Tout le monde l’apprécie. »
Forcément, le Souletin est « un gars d’ici ». Les automatismes sont naturellement revenus. Sur le terrain, ils n’étaient jamais partis. Son jeu au pied est un atout indéniable. Il est le deuxième joueur du Top 14 à le plus l’utiliser, derrière Finn Russel. Sur ses 79 coups de pied, 63 sont restés sur le terrain et 15 ont permis de garder la possession. Quatre ont même offert un essai à un équipier. Un pied (gauche) qui a déjà claqué deux drops, dont le dernier, samedi à Clermont. Personne n’a fait mieux cette saison.
Pour conduire le jeu, il faut deux hommes. Le pendant de Camille Lopez est double, voire triple. Guillaume Rouet, Maxime Machenaud et Michael Ruru se partagent le poste. Si le dernier n’a pas assez joué (une titularisation, 119 minutes) pour être jugé, Guillaume Rouet affiche sa constance habituelle. Le demi de mêlée a démarré en trombe (7 matches, 5 titularisations, 336 minutes, 1 essai), profitant de la blessure de ses concurrents. Arrivé cet été du Racing, Maxime Machenaud a pris le train en route (7 matches, 4 titularisations, 345 minutes). L’international (33 ans, 38 sélections) apporte son expérience et prouve, lui aussi, que la décélération jusqu’à la retraite attendra.
Aujourd’hui, vous les connaissez. Mais hier ? Ils évoluaient tous, ou presque, dans l’ombre de la Pro D2. Ils sont tous, ou presque, mis en lumière après dix journées de Top 14. Venu de Narbonne, relégué en National, Pascal Cotet s’est imposé comme le titulaire à droite de la pile. Il a fait basculer la dernière mêlée et le match face à l’UBB (20-15). Thomas Ceyte (ex-Nevers) ne passe pas tout son temps à haranguer le public de Jean-Dauger. Le deuxième ligne au franc-parler rafraîchissant enchaîne aussi les tâches obscures. À ses côtés, l’international uruguayen Manuel Leindekar, exfiltré d’Oyonnax. Juste derrière, Pierre Huguet. Le blondinet est un véritable sécateur, meilleur gratteur (11 ballons arrachés) et deuxième plaqueur du championnat (117 plaquages réussis, derrière le Castrais Tom Staniforth). La saison passée, il jouait à Carcassonne, aux côtés de Guillaume Martocq, rapatrié à l’Aviron. Le Béarnais de 22 ans facture déjà sept matches et quatre titularisations au centre, pour un essai.
Cette colonne vertébrale issue de la division inférieure est une des clefs du bon début de saison de la formation de Grégory Patat. Le manager est un habitué des coups de poker réussis. C’est lui qui avait ramené Grégory Alldritt, Rémi Bourdeau ou Reda Wardi à La Rochelle. Là encore, il ne semble pas s’être trompé. Ajoutez à cela l’intelligence de jeu de la charnière, le très bon début de saison de l’arrière Gaëtan Germain ou les nombreux coups d’éclat du centre fidjien Sireli Maqala et vous avez un ensemble qui fait plus que tenir la route à ce stade du championnat.
Vous avez parié ? Bien joué. Vous êtes peu nombreux. Honnêtement, les Bayonnais eux-mêmes n’y croyaient pas vraiment, ce samedi à Clermont (20-25). Le déplacement avait des allures d’impasse, avec onze changements dans le XV de départ. « Inconsciemment, dans la semaine, il y avait une forme de décompression, reconnaît Camille Lopez. On avait gagné nos cinq matchs à domicile donc entre guillemets, le travail était fait. » Il est encore mieux présenté maintenant.
Grégory Patat sait désormais qu’il peut compter sur la quasi-intégralité de son effectif. Les standards d’implication restent les mêmes, le niveau varie peu. Un vrai plus. « Dans un groupe, il y a toujours des joueurs déçus parce qu’ils jouent moins, il y a toujours des mecs qui rongent leur frein, qui s’estiment peut-être un peu lâchés par le groupe, sait le capitaine Denis Marchois. Et là, les mecs qui sont rentrés avaient certaines choses à prouver. Certains revenaient de blessure et ils ont tous fait de belles choses. On a montré qu’on avait un beau groupe, une belle équipe. » De quoi complexifier les futurs choix d’un staff qui ne s’en plaindra pas, le 16 novembre, au retour des vacances.
« Ça va renforcer notre croyance en ce qu’on fait, insiste Grégory Patat. Il y a des jeunes joueurs qui ont eu du temps de jeu pour la première fois et ils ont montré un très beau visage. Ça montre que l’Aviron peut s’appuyer sur 40 mecs qui peuvent performer chaque week-end. » Jusqu’où ? « On va voir si ce groupe peut avoir des limites. Il est en train de prendre de l’ampleur. On va continuer à bosser, on ne va galvauder aucun match et on va essayer de tirer le meilleur de l’Aviron chaque week-end. »
C’est l’apanage des grosses équipes, normalement. Hormis face à Perpignan (24-20), l’Aviron a systématiquement fait preuve de pragmatisme et d’efficacité dans les zones de marque. Samedi encore à Clermont. Pourtant dominés en première période, les bleu et blanc n’ont tourné qu’avec deux points de retard à la pause (12-10). La raison ? Deux voyages dans le camp de Clermont, pour dix points : un essai sur ballon porté de Torsten Van Jaarsveld, un drop de Camille Lopez.
« J’avais ciblé deux zones en début de saison, raconte Grégory Patat. Montpellier a été champion de France en maîtrisant parfaitement sa zone de dégagement, proche de sa ligne, et la zone de marque. Ils étaient très efficaces là-dessus. Donc dès l’avant saison, on a axé là-dessus. C’est une zone qu’on travaille beaucoup. » Avec une réussite propre aux équipes de haut de tableau. Assez logique : c’est actuellement la zone où fraie l’Aviron.

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