Quel est votre ressenti, quelques jours après la défaite sans appel subie à Bayonne (29-13) ?
On est très déçus collectivement. On s’est un peu menti en partant à Bayonne. On avait dit qu’on ferait un gros match, qu’on dominerait devant – car les matchs commencent toujours avec le 5 de devant. Pourtant, on a bien commencé, mais on a relâché trop tôt, on n’a pas su continuer la pression qu’on a mise en début de match. Et puis, on est tombé sur une équipe avec beaucoup plus d’envie. On a vécu leur situation il y a quelques saisons, on sait qu’en bas de tableau, le moindre point compte vraiment. Eux ont joué leur vie, mais nous, nous n’avons pas mis tout ce qu’il fallait pour être performants.
On est très déçus collectivement. On s’est un peu menti en partant à Bayonne. On avait dit qu’on ferait un gros match, qu’on dominerait devant – car les matchs commencent toujours avec le 5 de devant. Pourtant, on a bien commencé, mais on a relâché trop tôt, on n’a pas su continuer la pression qu’on a mise en début de match. Et puis, on est tombé sur une équipe avec beaucoup plus d’envie. On a vécu leur situation il y a quelques saisons, on sait qu’en bas de tableau, le moindre point compte vraiment. Eux ont joué leur vie, mais nous, nous n’avons pas mis tout ce qu’il fallait pour être performants.
Contrairement au Racing 92 et à l’UBB, qui ont également perdu à Jean-Dauger, vous n’avez jamais semblé en mesure de gagner, une fois le match lancé.
Oui, je pense qu’après notre essai (0-5, 6e), on a cru que ça allait être facile. Mais c’est une équipe qui ne lâche jamais et dont le jeu au pied de la charnière a été excellent. Nous, on n’a fait que courir après le score, après tout. On a un peu baissé nos standards, on se voyait un peu trop beaux, ça se paie cash : on est rentrés avec 0 point.
Et pourtant, vous étiez prévenus…
On était confiants, on était partis avec une très bonne équipe, mais quand tu tombes contre des mecs qui ont plus envie de mouiller le maillot, ça donne ça, ça se voit direct…
Cette claque arrive tôt, n’est-ce pas un mal pour un bien ?
C’est plus qu’une claque, ce sont deux claques ! Ce qui est bien, c’est qu’il faut que tout le monde se rende compte qu’il n’y a pas de petite équipe en Top 14. Ce n’est pas parce qu’on va à Bayonne costauds en pensant que ça va être facile que ça va le faire. Il faut faire les quatre-vingts minutes et ne pas baisser nos standards chaque semaine. Si on gagne des matchs, il faut continuer sur cette vague. Nos standards, c’est d’être performants et d’écraser des équipes devant.
Est-ce que le ton est monté entre vous, dans la semaine ?
C’est obligé. On est obligés d’être plus exigeants dans la semaine. Surtout nous, les leaders, pour montrer l’exemple aux jeunes. Si nous, on dit que ce n’est pas grave et que la semaine prochaine, on va gagner… non, ce n’est pas comme ça. Il faut regarder pourquoi, il faut que ce groupe comprenne qu’on ne peut pas baisser nos standards et prendre 30 points à Bayonne. Ce n’est pas parce qu’on reçoit qu’on va gagner : on a des standards à mettre toutes les semaines, si on ne les met pas, ça se voit direct.
Êtes-vous vexés ?
Oui, parce qu’on a manqué une opportunité. Il y avait 4 ou 5 points devant nous, on n’était pas partis pour perdre. Et puis, on est vexés parce qu’on n’a pas mis tout ce qu’on a dit dans la semaine. Enfin, on l’est aussi parce qu’on a un très bon groupe et que ça ne se voit pas trop sur le terrain en ce moment…
Vous connaissez d’autant mieux Toulon, votre prochain adversaire, qu’il y a quatre anciens Rochelais (Dany Priso, Mathieu Tanguy, Ihaia West et Jérémy Sinzelle) qui l’ont rejoint. C’est une équipe qui tourne bien.
Bien sûr, ils sont sur une bonne dynamique, que ce soit devant ou derrière, avec des trois-quarts qui vont très vite, des centres qui peuvent changer le match à eux tout seuls. On a une longue semaine pour préparer ce match, on n’a pas le droit de fauter cette semaine. Quelle que soit l’équipe qui sera alignée, il faudra qu’elle fasse le job.
Ce sera un gros défi pour vous, au regard de l’aspect complet du RCT ?
Bien sûr. Là, on tombe sur des équipes de Top 14 en forme. Toulon, puis Toulouse (le dimanche 23 octobre, à Ernest-Wallon, NDLR)… Ce sont des grosses équipes qui ont fait des débuts de saison fracassants. Toulon, devant, ça fait mal. Si on y va en se disant que ça va le faire devant 16 000 supporteurs, ça ne va pas le faire. Je sais que Dany, Mathieu, Ihaia et Jérémy auront à cœur de faire un gros match, ils nous connaissent par cœur. Toute la semaine, je pense qu’ils ont dit « lui joue comme ça, lui comme ça, etc. » Mais ça n’enlève pas le fait qu’on est à la maison, devant nos familles, nos supporteurs. C’est à nous de sortir une grosse performance et c’est devant que ça commence.
Est-ce un piège, comme à Bayonne, de faire face à des gens qui savent très bien vous décrypter ?
Ça peut en être un, mais ça peut être positif, aussi, parce qu’on sait comment on travaille de notre côté et comment on va prendre le match. C’est à nous de nous concentrer sur ce qu’on peut contrôler et, après, le reste va tout seul. Ils peuvent connaître nos annonces mais il faut les arrêter, quand même. Je sais que le cinq de devant, voire le huit de devant, a à cœur de faire un gros match. Les copains, ce sera après le match. Avant, on va se rentrer dedans, un peu (sourire). Avant Bayonne, j’ai prévenu qu’on ne s’appellerait pas dans la semaine (sourire).
Sentez-vous un parfum dans la semaine, avec une affiche qui a toujours été particulière à Marcel-Deflandre ?
Pas spécialement, parce qu’on vient de passer une semaine assez rude. C’est très long, quand tu perds un match comme ça et que tu rejoues le dimanche. En plus, Toulon est une équipe très physique et ils annoncent de la pluie. Ce sera un match pour les avants avec des mêlées, des ballons portés, du jeu à une passe. On a toujours à cœur de faire un gros match contre Toulon.
Vous parliez de standards collectifs. Comment jugez-vous les vôtres, personnellement, à l’heure actuelle ? On vous sent moins en forme que lors de la fin de saison dernière.
Oui. Chaque année est différente, à chaque fois on joue contre des piliers différents qui sont là pour vous « tuer ». Quand tu commences à faire des bons matchs, ils veulent faire baisser tes standards. Aujourd’hui, j’essaie d’être aussi fracassant que lors des saisons précédentes, mais les autres s’améliorent en défense. On avance un peu moins, je pense qu’il faut qu’on sorte un gros match pour retrouver notre dynamique. Collectivement, on baisse les standards, individuellement moi aussi. C’est à moi de remonter les standards de l’équipe car, encore une fois, ça commence devant.
De plus en plus, vos adversaires vous plaquent aux chevilles. Est-ce compliqué ?
Ça dépend, si on a un ballon lent et qu’on est obligé d’aller tout droit ou pas. Tout le monde sait plaquer, plaque bas, mais c’est aussi notre cas, avec « Bourga » (Pierre Bourgarit), « Greg » (Grégory Alldritt). C’est une technique. Peut-être il faut que je me baisse un peu plus ?
Comment vous sentez-vous, physiquement ?
On est au début de l’année, si je vous dis que je suis fatigué, il y a un problème (rires). Non, c’est très bien, on tourne bien avec « GH » (Georges-Henri Colombes Reazel) et Joel (Sclavi), j’ai moins de temps de jeu, plus de temps pour récupérer et essayer d’être en forme.
Il va bientôt y avoir l’annonce de la liste par Fabien Galthié des joueurs retenus pour les Tests internationaux du mois de novembre. Vous projetez-vous dessus ?
Pas encore, non. Je suis concentré sur Toulon, sur mes performances individuelles. Après, on verra bien.

source

Catégorisé:

Étiqueté dans :

, ,