La Française nous a accordé un long entretien.
Nous avons la chance de nous entretenir longuement avec l'ancienne joueuse du XV de France Lénaïg Corson. Tout au long de cet entretien, la Française est revenue avec nous sur son actualité récente avec le club des Wasps, mais aussi sur ses projets pour l'avenir, lié aussi bien au sport qu'à un autre domaine qui lui est cher : la protection de l'environnement. Nous avons également parlé du parcours de l'équipe de France féminine lors de la dernière Coupe du Monde, et de l'évolution du rugby féminin, en France comme ailleurs. 
Dans cette première partie d'interview, Lénaïg Corson se confie sur sa récente mésaventure avec le club anglais des Wasps, club qu'elle a rejoint à l'intersaison mais qui a depuis été placé en liquidation judiciaire. Une situation compliquée, mais qui n'a pas entaché la motivation de l'internationale française qui explique pourquoi elle a voulu rejoindre l'Angleterre, et les différences qu'elle voit, dans la promotion du rugby féminin, par rapport à la France.
Lénaïg, on sait que vous avez été touchée de plein fouet par la crise au sein du club des Wasps (le club a été placé en liquidation judiciaire et a dû licencier ses salariés, dont les joueurs et joueuses du club, ndlr). Donc dites-nous d’abord comment vous allez, et comment vous avez vécu cette situation.
Après avoir été seulement un mois et demi au club pour jouer, je ne m’attendais forcément pas à un tel retournement de situation ! J’étais partie avec beaucoup d’ambitions, d’intentions, et du jour au lendemain, les problèmes financiers des Wasps sont arrivés sur le tapis.
Trois jours après être arrivée en Angleterre, j’ai reçu, de la part de mes amis, des articles français qui évoquaient les situations de Worcester et des Wasps. J’en parle alors aux dirigeants du club qui me disent de ne pas m’inquiéter, que des solutions ont été trouvées et que la situation n’est pas aussi critique qu’à Worcester. Du coup, je fais confiance et je me dis que ça va bien se passer. De retour à Paris pour la Nuit du Rugby, les gens continuent de me parler de l’actualité des Wasps et je réponds que je suis bien au courant mais que tout le monde au club me dit que ça va bien se passer.
Le 17 octobre, on apprend que le club est placé en liquidation judiciaire mais là encore tout le monde restait positif et on nous disait que des solutions allaient être trouvées, qu’il y avait trois investisseurs sur le projet et que le club allait être racheté. Forcément, je me dis que je vais pouvoir rester au club. Mais j’ai néanmoins demandé à avoir un entretien plus approfondi avec le responsable de la structure féminine, qui m’a dit de manière très réaliste qu’il n’y avait plus d’argent, que mon visa était sur pause car les Wasps n’existaient plus. Et comme mon salaire venait de la structure masculine des Wasps, tout cela m’a un peu refroidie.
Je me suis demandée si j’allais pouvoir rester au club d’autant que la vie sur Londres est chère et qu’on ne peut pas vivre d’amour et d’eau fraîche ! Je vais d’ailleurs annoncer que je quitte le club mais la bonne nouvelle pour moi, c’est que je suis une joueuse qui a un palmarès, qui a attiré d’autres clubs donc je vais pouvoir rebondir ailleurs.
Vous avez donc d’autres pistes pour la suite de votre carrière, en Angleterre ou ailleurs ?
Oui. Ce n’est pas encore officiel, mais ce sera en Angleterre (au moment où a été faite l'interview, Lenaïg Corson ne l'avait pas encore annoncé mais elle va rejoindre les Harlequins, ndlr). J’avais vraiment envie de continuer mon aventure dans ce pays car je savais pourquoi j’étais partie : j’étais déterminée à vivre quelque chose de nouveau, de sortir de ma zone de confort. L’Angleterre reste un pays pas trop loin de la France, ce qui me permet de faire des aller-retours.
Je voulais aussi découvrir la vision anglo-saxonne qui m’a toujours attirée. Ici, ils sont très bons autour du « sport business » et dans la promotion du sport féminin. Donc je vais essayer de m’inspirer de ce qu’ils font ici pour, pourquoi pas un jour, voir ce qui peut être reproduit en France.
Alors justement, vous avez maintenant l’avantage de connaître deux systèmes différents. Quelles grosses différences voyez-vous entre la vision du rugby en Angleterre et celle que l’on peut avoir en France ?
Ces dernières années, l’Angleterre a vraiment passé un cap. Depuis la Coupe du Monde 2014, il y avait un véritable élan pour le rugby féminin en France. Les gens viennent en nombre dans les stades pour voir l’équipe de France. Et les Anglais étaient un peu envieux de cet engouement. Ils se sont donc inspirés de ce qui était bien fait en France. Et aujourd’hui, l’équipe d’Angleterre a pris le dessus parce qu’il y a eu le développement d’une stratégie globale autour du rugby féminin.
Cette stratégie a pris en compte non seulement l’équipe nationale mais également les clubs d’élite, chose qui n’existe pas forcément en France. On met beaucoup le focus sur l’équipe de France, avec beaucoup de promotion autour de l’équipe et des moyens plus importants qu’avant. Mais en France, pour les clubs, très peu de choses sont faites, au niveau des diffusions des matchs à la télé par exemple.
En Angleterre, il y a une vraie stratégie autour des équipes d’élite, avec Allianz en sponsor de la Premiership qui aide bien le championnat à se développer. On peut suivre les joueuses de l’équipe nationale anglaise en sélection mais aussi dans leurs clubs. Et cette mise en avant du championnat permet aussi de découvrir d’autres petites pépites.
Le championnat anglais est, pour moi, l’un des plus attractifs au monde, avec des joueuses australiennes, néo-zélandaises, irlandaises, écossaises, galloises et même françaises avec moi. Il y a une vraie vision en Premiership et la RFU (la Fédération anglaise de rugby, ndlr) joue vraiment le jeu pour aider à ce développement. Avec un objectif de 100 000 joueuses licenciées en 2025 ! C’est ambitieux, mais cela correspond à l’intérêt grandissant des femmes pour le rugby. Pour la Coupe du Monde, j’ai été par exemple surprise de voir autant de journaliste femmes couvrir l’évènement. Il y avait un véritable engouement et c’était pris au sérieux, contrairement à ce qui a pu être mis en place en France.
 
La suite de cet entretien à découvrir demain sur Quinze Mondial…
Nous avons la chance de nous entretenir longuement avec l’ancienne joueuse du XV de France Lénaïg Corson. Vie en Angleterre, situation aux Wasps, évolution du rugby féminin, environnement dans le sport…la Française a partagé sa vision sur de nombreux sujets. À retrouver en exclusivité sur Quinze Mondial.
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