Ils parlaient d’enthousiasme, d’envie d’en découdre, de rage de vivre et de vaincre. Ils voulaient faire un match précis, froid, efficace, propre. Disaient qu’il ne faudrait pas se précipiter. Les Palois ont fait à peu près tout l’inverse face à Perpignan pour le lever de rideau du Top 14. Contre le repris de justesse du dernier Top 14 grâce à un triomphe sur Mont-de-Marsan en barrage au mois de juin, Pau a signé une victoire poussive au bout d’un match sans grand relief. Une rencontre très mal partie. Les deux premiers duels aériens gagnés par Perpignan sont venus symboliser l…
Ils parlaient d’enthousiasme, d’envie d’en découdre, de rage de vivre et de vaincre. Ils voulaient faire un match précis, froid, efficace, propre. Disaient qu’il ne faudrait pas se précipiter. Les Palois ont fait à peu près tout l’inverse face à Perpignan pour le lever de rideau du Top 14. Contre le repris de justesse du dernier Top 14 grâce à un triomphe sur Mont-de-Marsan en barrage au mois de juin, Pau a signé une victoire poussive au bout d’un match sans grand relief. Une rencontre très mal partie. Les deux premiers duels aériens gagnés par Perpignan sont venus symboliser l’ascendant des visiteurs
Alors que Perpignan ratait des occasions, Pau montrait une fébrilité malvenue en conquête – bras cassé sur la première introduction de Daubagna (5e) – ; accumulait les pénalités y compris dans des temps fort à l’image de cette faute de Capelli dans les 22 mètres ; et les fautes de main dans ses temps forts.
Réactivité faible et incapacité à mettre de la vitesse : Perpignan n’était pas loin d’en faire son bonheur. Mais Brazo, contrant Daubagna, échouait à aplatir (20e). À tel point que ce fut un miracle de mener au score. Puisque c’est parti d’un ballon volé en touche par Ducat suivi d’un jeu au pied de Zack Henry et d’un arbitrage vidéo après un duel aérien entre Dubois et Vatubua. L’action spectaculaire laisse craindre un rouge pour Vatubua. La vidéo montre que le fidjien est en réalité victime d’une obstruction de Labouteley : pénalité de Zack Henry (3-0 ; 28e)
Pau a ouvert le score mais n’a pas gardé longtemps l’avantage. Au bout d’une des rares actions d’envergure, l’arrière Lucas Dubois avait été repris juste devant la ligne paloise par Mathias Colombet au prix d’un carton jaune (37e). En infériorité numérique, Pau pliait encore un peu plus : sur un jeu au pied dans la profondeur de Taumoepeau, Tilsley avait débordé Laporte à la course mais si l’essai s’offrait aux Catalans, Lucas Dubois, commettait devant la ligne un en-avant fatal (44e). La suite était inéluctable : Perpignan finissait par toucher au but en profitant des errements béarnais : sur un lancement de jeu parti d’une touche difficilement maîtrisée, Zack Henry armait sa passe vers Roudil mais se faisait intercepter par Tedder qui transformait (49e ; 3-7)…
Pau avait un but : camper dans le camp de Perpignan, imposer une pression défensive pour finir par tenir le ballon dans le camp catalan.
Projet ambitieux et inachevé : le Hameau a vu des fautes, des pénalités en mêlée, des impacts défavorables. « Nous avons parfois été bloqués chez nous. Ça ne s’est pas passé comme on voulait que ça se passe », assumait Thibault Daubagna. « On n’a pas assez tenu le ballon, pas assez avancé. Quand on se rapproche de leur ligne, c’est quand on garde le ballon et qu’on avance sur les duels », complétait Piqueronies.
Le volet statistique ne fait pas honneur aux ambitions initiales de la Section Paloise. Sauf un, la capacité à faire front en défense : 94 % de réussite au plaquage, ce qui a réduit la force de frappe des Catalans. La preuve avec 74 ballons joués à la main, l’Usap a cassé six plaquages quand Pau a cassé 11 plaquages en 62 ballons.
Avec le contre en touche – trois ballons volés -, c’est une base sur laquelle construire.
C’était la grande crainte avec le départ d’Antoine Hastoy, perdre un buteur décisif. Le premier match l’estompe. Alors que Tedder a laissé filer six points (un drop, une pénalité), Zack Henry n’a pas tremblé signant un 100 %. « Les grandes équipes ont besoin d’un grand buteur, que ça continue », souriait Daubagna.
Quatre changements à la mi-temps : il va sans dire que Sébastien Piqueronies a cherché des solutions aux errements de la Section. Il s’agissait notamment de changer l’image que pouvait avoir l’arbitre à propos de la mêlée paloise très pénalisée. « On voulait reconquérir notre mêlée », disait-il. Il a fallu un peu de temps mais ça a fini par porter ses fruits. Avant que la délivrance ne vienne du joker Jordan Joseph. « Le banc a fait du bien, les mecs ont apporté leur fraîcheur, on a su gagner des duels, devant notamment, témoignait Daubagna. Ça témoigne de la force de caractère du groupe, d’un bel état d’esprit. Même si pendant 70 minutes quelque chose clochait. »
« Nous sommes professionnels, on ne s’entraîne pas tous les jours pour produire ça… Les supporters attendent autre chose, nous aussi. Par contre, on a gagné ce match. Il ne faut pas l’oublier, se remettre en question et avancer. On peut construire sur nos erreurs », soufflait Daubagna. Effectivement Pau n’a pas été loin de toucher le fond mais Pau a renversé la vapeur. « On a peut-être eu peur de gagner », jugeait David Marty, coach de l’Usap. La Section de son côté, ne s’est pas laissée paralyser par la crainte de perdre. Alors Sébastien Piqueronies vous regarde dans les yeux : « Cette victoire est méritée »
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