Les Agenais peuvent (encore) s’en mordre les doigts. Comme vendredi dernier contre Grenoble (11-16), ils ont laissé filer une victoire à leur portée (26-25) et ont pris le bus du retour avec un excédant de poids. Celui des regrets qui vont hanter les Agenais durant tout le week-end. Comment pourrait-il en être autrement, alors que Montauban n’a jamais mené de plus d’un point dans cette partie ? Les partenaires de Raphaël Lagarde n’ont surtout pas su faire fructifier leur entame…
Les Agenais peuvent (encore) s’en mordre les doigts. Comme vendredi dernier contre Grenoble (11-16), ils ont laissé filer une victoire à leur portée (26-25) et ont pris le bus du retour avec un excédant de poids. Celui des regrets qui vont hanter les Agenais durant tout le week-end. Comment pourrait-il en être autrement, alors que Montauban n’a jamais mené de plus d’un point dans cette partie ? Les partenaires de Raphaël Lagarde n’ont surtout pas su faire fructifier leur entame de match quasi parfaite qui leur a permis de mener 13-0. Rattrapés par leurs démons en touche (3 ballons perdus) et leur indiscipline (une quinzaine de pénalités concédées), ils ont perdu le fil du match en seconde période.
« Je suis frustré pour mes gars, il y avait encore la place de gagner, confirme le manager Bernard Goutta. Mais on ne passe pas de la 13e place (NDLR : le classement du SUA en fin de saison dernière) à la 1re en trois matchs. On est encore en construction. Et comptablement, on est content avec ces 6 points. » C’est forcément mieux que le début de saison calamiteux de l’an passé avec ces sept revers d’affilée. Mais le SUA se retrouve à nouveau à une peu reluisante 13e place avec déjà 6 longueurs de retard sur Rouen, surprenant leader. Bernard Goutta prévient tout de même avant une réception de Colomiers (vendredi à 19 h 30) encore sous pression : « On perd un match à notre portée, tant pis pour nous, mais il ne faut pas se le dire jusqu’à la fin de la saison… »
Prendre une bonne claque, ça a parfois du bon. Une semaine après une grosse désillusion pour leur premier match à Armandie face à Grenoble (11-16), les Agenais comptaient profiter du derby à Sapiac pour remettre les pendules à l’heure. À la mi-temps, ils tenaient pourtant leur exploit sur le même score que leur succès initial à Aix-en-Provence (17-19). Avec un Lagarde reçu 5/5 au pied après un éclair de Ramoka, le SUA pouvait déjà regretter un trou d’air d’un quart d’heure qui a remis les Montalbanais dans le match avec un essai casquette de Guillemin suite à une aile de pigeon involontaire (16e) et un essai de Vici qui a sauté plus haut que Railevu sur une transversale de Bosviel (30e). « On fait une bonne entame où on fait vite douter les Montalbanais et après on s’est arrêté de provoquer cette équipe », regrette Bernard Goutta.
Résultat : un 14-0 encaissé en 14 minutes qui répondait à l’entame canon des Agenais. Revanchards, les partenaires de Raphaël Lagarde menaient, en effet, déjà 13-0 après 12 minutes de jeu. Comme un symbole après les huit lancers perdus face aux Isérois, c’est d’une prise de balle en touche de Demotte qu’est venu le seul essai agenais de la soirée après une percée de Railevu pour mettre la fusée Ramoka sur orbite. Meilleur marqueur du SUA la saison dernière (9 essais), le Fidjien avait des fourmis dans les jambes après une blessure aux ischios qui l’avait privé du début de saison. Ce retard à l’allumage ne lui a pas permis d’être aussi explosif en seconde période.
Avec seulement 2 points d’avance au changement de côté, les Agenais avaient déjà perdu tout le bénéfice de leur superbe entame dans une première période électrique que le talonneur Martinez (commotion, 3e) et le deuxième ligne Demotte (déchirure au mollet droit, 25e) ont quitté prématurément. Le SUA l’a payé au prix fort en seconde période avec un pack qui manquait de sang frais. Incapables de concrétiser leurs temps forts, les partenaires de Raphaël Lagarde ont surtout été privés de munitions en raison d’une conquête défaillante et d’une indiscipline dont s’est nourri le métronome Bosviel (auteur de 16 points au pied à 6/6, Lagarde étant à 20 points à 7/7).
Si la mêlée a eu une balle de match à la dernière minute, c’est encore la touche qui a coûté très cher à Sapiac. « Après l’essai en première main d’entrée, on se fout le feu tout seul », peste Bernard Goutta qui cherche encore « le bon équilibre » dans sa composition d’équipe. « On a plus que rivalisé au niveau de l’état d’esprit, mais on perd confiance à partir de la touche, ça fait boule de neige et on perd confiance en tout. C’est évident qu’il va falloir qu’on trouve des solutions. » Cela fait partie de la fameuse « construction ». Mais le manager agenais le promet : « Quand on arrivera à mettre tous les voyants au vert, on sera une équipe dangereuse. »