Les deux plus gros suspenses du sport français sont désormais levés. Le doute était encore permis, le 11 mai dernier. La scène se passe à Jean-Dauger, veille de match face à Rouen. Interrogé sur son avenir, Maxime Delonca lâche dans un éclat de rire : « Je ne sais pas encore. Il y a moi, et Mbappé. Tout le monde a envie de savoir. »
Le talonneur de l’Aviron Bayonnais, 34 ans, évoluera la saison prochaine à Dax. Retour à l’envoyeur, lui qui était arrivé de la sous-préfecture landaise en 2018, au moment de la prise de pouvoir de Yannick Bru et son staff….
Le talonneur de l’Aviron Bayonnais, 34 ans, évoluera la saison prochaine à Dax. Retour à l’envoyeur, lui qui était arrivé de la sous-préfecture landaise en 2018, au moment de la prise de pouvoir de Yannick Bru et son staff. Autre marqueur d’une fin d’un cycle.
Maxime Delonca, c’est 79 matches pour 28 titularisations en quatre saisons. C’est aussi douze essais, une hargne permanente sur le terrain et une bonhomie naturelle en dehors. « Un rouage essentiel de l’équipe » pour Eric Artiguste, entraîneur des skills, qui aime autant le joueur que l’homme. « Max, je l’apprécie. Il est généreux et tu peux toujours compter sur lui. Il se bat pour l’équipe. C’est un bougon avec un cœur énorme. Moi, je l’appelle « Grincheux ». Parce que quand il n’est pas dans le bordel (NDLR : sur le terrain), il te fait bien comprendre qu’il a les boules. Il est sans filtre. S’il doit te dire quelque chose, il ne va pas y aller par quatre chemins. Il va te le dire en face. C’est un mec entier. Une belle rencontre. »
Ce n’est pas un hasard si le staff lui a confié à quelques reprises le capitanat cette saison. « Dans les moments durs, tu peux compter sur lui, justifie Artiguste. Quand il faut aller au combat ou au feu, il est là ! Il ne va pas te laisser tomber. C’est un Catalan, mais c’est un bon mec. » L’éclat de rire traduit l’estime de son entraîneur.
Delonca ne se plaindra pas de la taquinerie. Il ne manquerait plus que ça. Il n’est pas le dernier à charrier ses équipiers. Jean Monribot confirme. « Comme moi, il est un peu dans la connerie, sourit le troisième ligne, son aîné de six de mois. On peut compter sur lui pour faire vivre le groupe. J’étais encore à Toulon (en 2019) que Guillaume Rouet m’en parlait en bien : ‘Quand tu vas faire ton retour à Bayonne, tu vas voir, c’est un mec avec qui le courant va passer avec toi.’ »
Et que le vestiaire va regretter. « C’est le cycle de vie d’un rugbyman… Il essaie de profiter de tout ce qu’on peut lui donner. Il a choisi… enfin, oui et non (rires), de tirer un trait sur l’Aviron, donc il a envie de profiter à fond. » En fin de contrat, le talonneur, homme fort du système Bru, n’a pas été prolongé par le futur manager Grégory Patat.
Une décision digérée. Il l’assure. « Je ne me prends pas la tête, jure l’intéressé. Je préfère profiter de mes derniers matches ici, et de la vie dans ce groupe. » Un groupe qui a eu « du mal à se mettre en cohésion », de son propre aveu. La défaite face à Mont-de-Marsan, début novembre, a changé la donne. « On s’est beaucoup plus resserré, juge-t-il. On s’entend tous super bien. Tout le monde se chambre, tout le monde répond à la ‘chambrade’. Swan Cormenier est très bon là-dedans, Ugo ‘Boni’ chambre beaucoup Yan Lestrade, ça fait rire tout le monde, les deux intéressés en premiers. C’est agréable d’être ici. Dans ce groupe, on y est très bien. Il n’y a pas un con, juste des bons mecs qui veulent tirer l’autre vers le haut. » Et la chanson française vers le bas ? C’est l’avis d’un équipier coquin, aux goûts musicaux bien différents de Delonca.
C’est un autre péché mignon du Perpignanais formé à l’Usap. « Je suis un grand fan de Cabrel, de Bruel, de Sardou que j’ai vu en concert trois ou quatre fois, de Johnny, évidemment. Je suis un touche-à-tout. » Et il ne manque pas de le faire savoir. « Ah, il a un certain talent, pouffe Monribot. Il faut le voir, avec son physique particulier, quand il est sous la douche avec ses claquettes. Presque il garderait ses chaussettes. Il récite terriblement bien la chanson française et adore animer. » On vous laisse visualiser.
Eric Artiguste, lui, pleure encore de rire presque quatre ans après le premier stage de cohésion du mandat Bru, à Madrid. Guitariste émérite, le pilier Luc Mousset s’est saisi de son instrument fétiche. Maxime Delonca a entamé « Le chasseur » de Michel Delpech. Et l’ex-demi de mêlée du club Fabien Nabias s’est retrouvé dans le rôle du chien, à aboyer pour trouver les oies sauvages. « Quand il prend un micro, c’est fini ! Il est extraordinaire. »
Le grand Pardon !!!! On gagne ensemble, on perd ensemble…. Merci Max à ce que tu donnes à notre collectif 🤍💙 pic.twitter.com/hLbXJpmeT7
Les supporters sont prévenus. Si les joueurs bayonnais valident leur ambition, ce dimanche à Montpellier, il n’y a pas que l’Aviron qui montera d’un ton. « Si on ramène ce qu’on aimerait ramener, promis, je ferai un petit truc. Après deux ou trois bières. »

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