Rien à redire ou si peu. Sur la feuille de route établie par Fabien Galthié lors de sa prise de fonction en janvier 2020, toutes les cases ont été cochées. L’entraîneur du Quinze de France avait promis de « gagner rapidement des matches ». Les Bleus ont remporté 22 des 28 rencontres qu’ils ont disputées sous sa direction. Il s’était engagé à garnir l’armoire à trophées de Marcoussis : après avoir échoué deux fois à la deuxième place, le Quinze de France est revenu s’installer tout en haut du…
Rien à redire ou si peu. Sur la feuille de route établie par Fabien Galthié lors de sa prise de fonction en janvier 2020, toutes les cases ont été cochées. L’entraîneur du Quinze de France avait promis de « gagner rapidement des matches ». Les Bleus ont remporté 22 des 28 rencontres qu’ils ont disputées sous sa direction. Il s’était engagé à garnir l’armoire à trophées de Marcoussis : après avoir échoué deux fois à la deuxième place, le Quinze de France est revenu s’installer tout en haut du palmarès du tournoi des Six-Nations cet hiver en réalisant son premier Grand Chelem depuis 2010. Il avait affirmé sa volonté de ramener son équipe dans le top 3 de la hiérarchie mondiale. C’est fait aussi puisque la France a même été un éphémère numéro 1 pour la première fois de son histoire après ses deux succès au Japon en juillet avant de devoir abandonner sa place à l’Irlande.
À un an de son entrée dans la Coupe du monde face à la Nouvelle-Zélande, toutes les planètes semblent alignées et les bookmakers britanniques placent aujourd’hui Antoine Dupont et ses camarades en haut de leurs pronostics devant les All Blacks. Un statut inédit pour les Bleus qui pourrait presque paraître inquiétant à un an du rendez-vous planétaire.
L’histoire du Quinze de France a en effet été plus souvent rythmée par des sautes d’humeur que par de la continuité dans les performances mais l’on veut bien croire que cette équipe soit capable de tordre le cou à un vieux cliché. Au vu de leur progression, il est aussi légitime d’espérer que ces Bleus parviendront à soulever le trophée William-Webb Ellis le samedi 28 octobre, pour devenir la 2e nation européenne après l’Angleterre à s’imposer dans une épreuve dominée par les trois grandes nations de l’hémisphère sud avec huit titres en neuf éditions.
Un automne musclé avec notamment la réception des Wallabies et des Springboks puis un Tournoi des Six-Nations à trois déplacements (Rome, Dublin, Twickenham) permettront de mesurer leur capacité à assumer un rôle de favoris. Mais le seront-ils encore dans un an au coup d’envoi de la compétition ?
Si l’on se fie au classement de World Rugby, la hiérarchie n’a cessé de bouger ces derniers mois. En janvier 2022, l’Afrique du Sud précédait la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre et l’Irlande et la France n’était qu’au 5e rang. Elle est aujourd’hui deuxième derrière le Quinze du Trèfle. Mais un bon classement constitue-t-il un indicateur fiable, une garantie de réussite ? Pas nécessairement et on rappellera qu’en 2019, les Springboks sont arrivés au Japon alors qu’ils étaient 5es mondiaux et 7es un an auparavant.
World Rugby Rankings: After losing at home to the Springboks by 16 points, Australia have dropped beneath both Argentina and Scotland on the rankings to a record low position of 8th 🇦🇺📉

The All Blacks are back up to fourth following their win over Argentina. pic.twitter.com/6ctBv8mlhq
Il existe toujours une dynamique propre à chaque Coupe du monde, un récit singulier qui échappe à tout ce qui a précédé. Depuis le tirage des poules, on s’est d’ailleurs beaucoup focalisé sur l’immense défi qui attend les Bleus face aux All Blacks en lever de rideau le 8 septembre. Affronter les Néo-Zélandais au premier tour, c’était aussi le challenge qu’ont dû relever les Sud Africains en 2019. Ils l’ont perdu (23-13) mais cette défaite inaugurale ne les a pas empêchés d’être sacrés cinq semaines plus tard.
Ce France – Nouvelle-Zélande qui lancera la Coupe du monde 2023 est sans doute moins redoutable que le passage du cap des quarts de finale où les Bleus devront, selon toute probabilité, écarter de leur route l’Irlande, le numéro 1 mondial, ou l’Afrique du Sud, le tenant du trophée.
Il reste un an et douze matches au XV de France pour se préparer à l’événement sans se laisser écraser par la pression qui ne cessera de grandir. Parce qu’elle est à la hauteur des attentes qu’a pu susciter cette équipe.
(1) Nouvelle-Zélande 3 (1987, 2011, 2015), Afrique du Sud 3 (1995, 2007, 2019), Australie 2 (1991, 1999).

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