Christophe Lamaison nous raconte cette épopée triomphale du Tournoi en 1997 lui qui venait d’être couronné champion d’Europe avec son club de Brive. Un succès qui avait fait date et qui s’était répercuté sur les Bleus.
Quel était le contexte avant le début de ce Tournoi ?
On était sorti d’une Coupe du Monde 1995 (en Afrique du Sud, Ndlr) en finissant troisième. Une génération de joueurs avait arrêté. Une autre allait continuer. En 1996, il y avait eu aussi un nouveau staff dirigé par Jean-Claude Skrela. Il était secondé par Pierre Villepreux. Ils sont arrivés à la tête de l’équipe de France avec une méthodologie appartenant au Stade Toulousain. Elle s’était retranscrite sur le jeu de l’équipe de France.
Les compétiteurs que nous sommes étions partis en 1997 avec cette réelle envie de se projeter sur 1999 (la France finit finaliste de la Coupe du monde battue par l’Australie au Pays de Galles, Ndlr) avec de nouveaux joueurs. A dose homéopathique, ils pouvaient intégrer l’équipe de France. Cela a été le cas. Cela sentait le renouveau, tant au niveau des joueurs que du staff.
On voulait gagner ce Tournoi pourtant sans avoir un calendrier favorable car on allait jouer en Irlande (32-15, Ndlr), et à Twickenham (victoire 23-20 contre l’Angleterre, Ndlr), tout en recevant le Pays de Galles (27-22, Ndlr) et l’Ecosse (47-20, Ndlr). A l’orée de ce Tournoi 1997, c’était un énorme challenge à relever.
Pendant ce Tournoi comment le capitaine Abdelatif Benazzi avait-il mené les troupes ?
De mémoire, Abdel l’est devenu pendant le Tournoi. Au-delà du joueur exemplaire qu’il était, il y a aussi ce qu’il représente. Sur le terrain, il n’était pas forcément celui qui allait prendre la parole pendant la semaine de préparation ou avant les matches. En équipe de France, il y a des capitaines de vestiaire et de terrain. A cette époque, c’était aux anciens de prendre la parole.
Aviez-vous été surpris de réussir ce Grand Chelem ?
Déjà il faut mentionner qu’à cette époque et cette année-là Brive a été champion d’Europe. Cette équipe dont je faisais partie avait marqué les esprits. On avait battu Leicester, une équipe dont plus de la moitié était composée d’internationaux anglais. Ce sacre européen a marqué la planète rugby de l’hémisphère Nord.
On avait donc entamé le Tournoi à Dublin avec cette image du rugby français et de ses jeunes joueurs que personne ne connaissait comme David Venditti, Philippe Carbonneau, Alain Penaud. Ces champions d’Europe un mois avant avec Brive pouvaient poser question. Finalement, on se disait que cette équipe de France avait des atouts avec cette jeune génération pour aller chercher la victoire dans le Tournoi. On avait renvoyé ce signal que l’équipe de France était prête à relever le défi. Elle l’avait prouvé avec ce parcours en Coupe d’Europe.
Comment l’ancien détenteur du record de points marqués et de transformations entre 2001 et 2015 en Bleus a-t-il vécu ce Grand Chelem en 1997 ?
Je n’ai pas pour habitude de ramener à moi ces records. J’ai surtout gardé le souvenir d’avoir vécu un moment agréable avec cette génération et cette montée en puissance de l’équipe de France. Que ce soit de manière collective et individuelle avec des joueurs qui faisaient pour la première fois leur apparition. L’ambiance était agréable. C’était le bien vivre ensemble. On prenait les matches les uns après les autres et du plaisir à se retrouver au Château Ricard pour appréhender l’échéance. On était d’une génération qui avait connu l’amateurisme et qui commençait à empiéter sur le professionnalisme. Mais on était des vrais passionnés avant tout.



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