Bonjour et bienvenue sur votre site d’actualité régionale
Bonjour et bienvenue sur votre site d’actualité régionale
Les Bleues rencontrent samedi matin (4 h 30) les Canadiennes dans le match pour la troisième place du Mondial néo-zélandais. Selon son entraîneur… français, ce XV 100 % amateur s’est inspiré de ce qui se fait de mieux des deux côtés de la Manche.
Kévin Rouet (35 ans) est à la tête de la seule sélection, parmi les demi-finalistes (Nouvelle-Zélande, Angleterre, France, Canada) de la Coupe du monde féminine 2022, dont les joueuses ne sont pas professionnelles.
Même si vous avez toujours baigné dans le rugby, vous êtes ingénieur de formation : comment vous êtes-vous retrouvé à la tête du XV canadien ?
« Quand je suis arrivé au Québec, en 2009, dans le cadre de mes études aux Arts et Métiers, j’ai découvert que le rugby à XV était plus un sport féminin que masculin. J’ai commencé à entraîner clubs, écoles et équipes universitaires tout en travaillant. Puis, j’ai décidé de vivre à 100 % du rugby en 2017, c’était un gros pari à l’époque. Comme j’avais un peu de succès, j’ai été appelé en tant qu’assistant de l’entraîneur principal du XV féminin et quand, au printemps, il a été remercié, j’ai été promu. Comme cela est arrivé finalement en France ou en Nouvelle-Zélande. »
Certes mais pas avec les mêmes moyens puisque vos joueuses sont totalement amatrices…
« Oui, et, pour cette raison, le Covid a été très dur avec nous : le sport s’est totalement arrêté, on n’a pu faire aucun regroupement pendant un an. Certaines filles sont parties jouer en France, à Bordeaux et Lons-le-Saunier notamment, ou en Angleterre, où elles ont découvert un autre type de rugby. Sauf que celles restées au pays n’ont pas eu cette chance, et quelques-unes ont arrêté pour trouver un travail. Durant la Coupe du monde, elles sont certes défrayées par Rugby Canada mais la Fédération n’a pas les moyens de leur faire des contrats, elle fait ce qu’elle peut, ça s’améliore, mais les joueuses doivent encore faire des sacrifices : certaines ont quitté leur emploi ou ont pris une année sabbatique. On a fait jouer la débrouille, pour l’hébergement et les transports, en lançant des cagnottes, par exemple. »
« En France, vous avez des joueurs de rugby qui deviennent des athlètes. Au Canada, nous avons des athlètes à qui nous apprenons à jouer au rugby » Kévin Rouet
Êtes-vous satisfait de votre parcours ?
« Malheureusement, nous avons loupé notre objectif, nous venions pour gagner cette Coupe du monde ! Nous sommes ultra déçus. Et nous ratons de pas grand-chose (défaite en demi-finale face aux Anglaises, 19-26), ça se joue sur des détails, c’est frustrant. Mais c’est le manque d’expérience, de maturité : sur ces cinq dernières années, l’Angleterre a joué quarante ou cinquante matches quand nous en avons disputé seulement vingt-deux. Collectivement, nous avons travaillé fort. Et, individuellement, chacune a une éthique et une rigueur de travail extraordinaire, je n’ai pas besoin de les pousser. En fait, l’équipe du Canada est un mélange de la France et de l’Angleterre – un tiers de mes filles sont québécoises. Nous, nous prenons le meilleur des deux mondes, anglo-saxon et français. »
Que voulez-vous dire ?
« Nous allons être très solides sur les mêlées, les mauls et au pied, et sommes aussi capables de proposer un jeu un peu déstructuré à la française. Et puis, nous aimons beaucoup nous adapter à l’adversaire, trouver ses faiblesses. Mes filles réfléchissent beaucoup à tout ça. Comme le Canada est fait de cultures différentes, nous nous inspirons de tout ce qui est bien, ça fait partie de notre ADN et c’est comme ça que nous voyons le rugby aussi. En France, vous avez des joueurs de rugby qui deviennent des athlètes. Nous, nous avons des athlètes à qui nous apprenons à jouer au rugby. »
Quel est votre pronostic pour samedi ?
« Déjà, je suis fier de mes filles car elles ont rattrapé en très peu de temps des équipes qui semblaient inaccessibles. Il y a plusieurs facteurs à prendre en compte mais, pour une médaille de bronze, peu importe comment tu joues, il faut gagner. »
© Rossel & Cie – 2022
Conditions générales d’utilisationConditions générales de ventePolitique de cookiesPolitique de Protection Vie privéeMention légalesGérer les cookies

source

Catégorisé:

Étiqueté dans :

,