Un stade plein, un match bien construit, un bonus offensif et une belle fête, la victoire contre Aurillac (43-20) est-elle le déclic tant attendu ?
Je ne sais pas, c’est trop tôt pour le dire. Mais en tout cas, c’est la soirée parfaite. Pour l’équipe, pour tous les Agenais, c’était la soirée de rêve. On a essayé de rester le plus tard possible dans la nuit sur notre nuage avant de revenir dimanche à l’entraînement pour recommencer à transpirer un peu et basculer sur ce match à Biarritz. Ça sera un souvenir qui restera gravé, c’est sûr.
Le groupe en a-t-il profité pour faire le plein de confiance ?
Bien sûr ! La victoire amène toujours de la confiance. Mais est-ce qu’on avait vraiment le choix ? Je ne le pense pas… Il y avait beaucoup de tension et de pression sur nous. Cette fois, on s’en est bien servi. On a pris toute la bonne atmosphère qu’il y avait autour de ce match, ça nous a vachement portés.
Était-ce pour vivre de tels moments que vous êtes revenu à Agen ?
Oui, ce moment-là particulièrement. Cette soirée-là, je l’avais en tête. Pour un enfant d’Agen, un tel événement, ça n’arrive probablement qu’une fois dans une vie. C’était quelque chose que j’avais vraiment envie de vivre. Je ne réalise pas encore trop ce qui s’est passé, c’est quelque chose d’indescriptible.
Il y avait pourtant un maximum de pression autour de ce rendez-vous…
Honnêtement, on n’en a pas profité dans la semaine précédant ce match parce que, comme je l’ai déjà dit, on n’avait pas le choix. De par l’événement et notre situation sportive, il fallait qu’on gagne. On a vraiment pu en profiter que durant les trois dernières minutes quand on a compris qu’on allait gagner. C’était du pur bonheur. Et l’après-match, ça a été un grand moment de communion. Il n’y a eu aucune fausse note.
La saison dernière à Biarritz, soldée par seulement 11 matchs disputés et une descente, vous a sûrement laissé moins de bons souvenirs…
Ça a été une saison difficile pour moi, sportivement en tout cas. Même si j’ai quitté mes copains de Biarritz avec regrets, il fallait que je réagisse. Sportivement, ça ne s’est pas bien passé pour plein de raisons. Et c’est en grande partie ma faute, je n’ai pas su m’y imposer. Il n’y a pas grand-chose à dire, ça ne fonctionne pas tout le temps comme on le voudrait dans la vie. Je garderai quand même beaucoup plus de bons que de mauvais souvenirs de ma saison au BO. Mais je suis très heureux d’être revenu à Agen.
Comment expliquez-vous cet échec, alors que le staff vous avez fait venir de Pau ?
Je pense que Shaun Sowerby [NDLR : l’entraîneur des avants du BO] n’appréciait pas trop le joueur que j’étais. Et des joueurs étaient meilleurs que moi, tout simplement. J’ai eu aussi des blessures aux mauvais moments. J’ai quitté Biarritz pour ne plus avoir à me poser ce genre de question. J’ai toujours tendance à voir d’abord ce que j’ai mal fait. Si j’avais été monstrueux sur tous les matchs, j’aurais joué et je serais resté pour les trois ans qui étaient prévus. Mais je vois tout ce qui arrive comme des opportunités : les moments difficiles que j’ai vécus ont aussi amené aux moments de bonheur de vendredi dernier et au fait que je me sente très heureux à Agen.
Malgré tout, êtes-vous attaché à l’ambiance du stade Aguiléra que vous allez retrouver ce vendredi ?
Oui. Ce sera un match un peu particulier, même si je n’y ai pas passé beaucoup de temps. Je suis très motivé, mais je n’ai pas de rancœur particulière contre le club. Cela me fait plaisir d’y revenir, mais je n’en fais pas une montagne. Le Pays basque, c’est une terre vraiment très particulière pour moi. Je venais de Pau, je connaissais un peu le département, mais pas vraiment le Pays basque. Je me faisais une joie d’y évoluer. Le fait que ça ne se passe pas bien, c’était une situation compliquée. Les gens le voyaient, ils étaient un peu déçus pour moi, mais les supporters ont tous été très bien avec moi et très présents. Cette attitude-là, je l’ai beaucoup appréciée.
Le public vous a-t-il paru aussi passionné qu’à Bayonne ?
J’ai vu beaucoup de gens qui venaient crier au stade, beaucoup de jeunes qui sont amoureux de leur club. Malgré les difficultés que le BO peut rencontrer, il y a très souvent eu des stades pleins la saison dernière, et il y a encore beaucoup de monde qui va à Aguiléra en Pro D2. Je connais l’ambiance à Bayonne seulement par Arnaud Duputs qui en parle très souvent. Ce sont deux clubs très différents, mais je peux dire que le BO est un club qui a beaucoup de valeurs et sa propre identité.
Après six journées, vous avez pu jauger du potentiel de votre équipe qui s’est enfin hissée dans le top 6. Êtes-vous confiant pour la suite de la saison ?
On a fini 13e la saison dernière, on n’oublie pas d’où on vient. Bien sûr que l’objectif est de rester dans les six. Peut-être qu’on en sortira et peut-être qu’on y reviendra. Le but est d’en être le plus près possible. Cinq ans après mon départ d’Agen, on se rend compte que le club est toujours le même : le SUA reste vachement imprévisible. J’aime bien ça parce que ça fait aussi partie de notre identité. Par contre, ce n’est pas tout le temps reposant, pour nous les premiers, ça c’est sûr ! Pour les supporters aussi, ça ne doit pas être évident. Mais il n’y a jamais rien d’écrit en sport. Si on pouvait ne faire que des matchs comme vendredi dernier, on signerait tous. On voit depuis le début de la saison qu’il y a beaucoup de consistance et de bonnes choses. Tout n’est pas parfait. Mais hormis vingt minutes contre Colomiers qui nous coûtent très cher, on est rarement passé à côté dans le combat. Donc il y a des bases sur lesquelles on peut s’appuyer. Et on n’est pas encore à 100 % de notre potentiel.

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